Retourner à l'accueilRetourner à l'accueil

2026 : nouvelles règles, nouveaux enjeux pour la RSE

mis à jour le 12 janvier 2026

Caroline Vivant

Caroline Vivant

2026 marque une étape clé pour la RSE. Après l’adoption du paquet Omnibus qui simplifie grandement la CSRD, les obligations RSE se précisent tandis que de nouveaux enjeux émergent, notamment autour du social et de l’intelligence artificielle. Pour les responsables RSE et dirigeants, l’heure est à l’anticipation et à la priorisation.

nature environnement

©casey-horner Unsplash

Après des mois de discussions, le Parlement européen a adopté mi-décembre la loi Omnibus, qui introduit une simplification majeure de la CSRD. 2026 sera donc l'année d’entrée en application de plusieurs réformes. Pour les dirigeants et responsables RSE/QSE, le défi est clair : comprendre ce qui est réellement obligatoire et concentrer les efforts sur les sujets à fort impact. 

 

Réglementation RSE : ce qui s’applique réellement en 2026

CSRD et Omnibus : où en est-on ?

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) constitue le socle réglementaire de la RSE en Europe. Son objectif est clair : améliorer la qualité, la comparabilité et la fiabilité des informations extra-financières publiées par les entreprises.

Le paquet Omnibus, adopté le 16 décembre 2025 par le Parlement européen, apporte des ajustements très importants au cadre initialement prévu. Objectif assumé de cette simplification : alléger la charge administrative pesant sur les entreprises européennes ! Un backlash vivement décrié par certains professionnels de la RSE et par les associations écologistes qui prédisent un recul de l'engagement des entreprises sur le terrain de la durabilité.
Les États membres disposent désormais d'un an pour transcrire ces nouvelles directives dans leur droit national par le biais d'une loi ou d'une ordonnance.

 

CSRD, ce qui change concrètement

  • Désormais, seules les sociétés dépassant 1 000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net (deux seuils cumulatifs) sont soumises aux obligations légales de reporting CSRD. Cette évolution exclut environ 80 % des entreprises initialement concernées, notamment la majorité des ETI et grandes PME.
  • Les entreprises sortant du périmètre obligatoire ne sont toutefois pas exemptes de toute pression. Leur engagement devient volontaire mais stratégique, reposant sur le standard VSME (Voluntary Standard for SMEs). Ce référentiel prend une importance centrale avec l’introduction du mécanisme de « Value Chain Cap », qui interdit aux grandes entreprises soumises à la CSRD d’exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà du VSME. Ce standard joue ainsi un double rôle : structurer la démarche RSE des PME et les protéger contre des demandes de reporting excessives.
  • En ce qui concerne le calendrier, le Parlement européen a adopté le 3 avril 2025 la proposition « Stop-the-Clock », actant un report de deux ans pour certaines entreprises : 
    • Les grandes entreprises cotées restent soumises au calendrier initial, avec une publication en 2025 sur l’exercice 2024. 
    • Les grandes entreprises non cotées dépassant 1 700 salariés et 450 M€ de chiffre d’affaires, ainsi que les entreprises non européennes réalisant plus de 450 M€ de chiffre d’affaires dans l’UE, publieront leurs premiers rapports en 2028 sur l’exercice 2027.
    • Pour les entreprises en dessous de ces seuils, des normes volontaires basées sur le VSME sont proposées.
  • Les normes ESRS font aussi l’objet d’une simplification majeure. La version révisée réduit d’environ 70 % le volume total de données à reporter, avec la suppression de 60 % des points obligatoires et de la totalité des points facultatifs. L’analyse de double matérialité est également assouplie, passant d’une approche exhaustive à une approche plus stratégique, centrée sur le modèle d’affaires. Une clause d’effort disproportionné permet désormais d’exempter certaines informations lorsque leur collecte est jugée trop complexe ou coûteuse, notamment pour la chaîne de valeur. Enfin, les normes sectorielles sont reportées et deviennent facultatives à ce stade.

 

Les grands sujets RSE à mettre à l’agenda en 2026

abeille biodiversité

©izumi Unsplash

Climat, biodiversité et résilience des modèles économiques

Le climat reste le pilier central de la RSE en 2026, mais avec une évolution notable : il ne s’agit plus seulement de mesurer - même si le bilan carbone reste le point de départ efficace pour lancer une stratégie RSE-, mais de transformer les modèles économiques.

Les entreprises sont de plus en plus attendues sur leur capacité à :

La résilience devient un mot-clé : continuité d’activité, sécurisation des ressources, adaptation des chaînes d’approvisionnement.
👉 Le tout nouvel atelier de 2tonnes, Convergences, vise à faire converger entreprises, enjeux sociétaux et individus. Ce serious game permet de se projeter en 2040 et de prendre les bonnes décisions pour viser la robustesse.

Social, compétences et attractivité des talents

Les enjeux sociaux prennent une place croissante dans les stratégies RSE. Dans un contexte de tensions sur le marché du travail, la RSE devient un levier d’attractivité et de fidélisation.

Les priorités en 2026 :

Les entreprises sont de plus en plus évaluées sur leur capacité à offrir un environnement de travail durable, porteur de sens et compatible avec les attentes des nouvelles générations.

Gouvernance et éthique des affaires

La gouvernance est au cœur de la crédibilité des démarches RSE. En 2026, les parties prenantes attendent des entreprises qu’elles démontrent un alignement réel entre stratégie, gouvernance et engagements RSE.

Cela implique :

  • un rôle renforcé des instances dirigeantes,
  • une intégration de la RSE dans les décisions stratégiques,
  • une politique d’éthique et de conformité solide.

En 2026, la RSE n’est plus un sujet périphérique, mais un indicateur de maturité managériale.

L’IA, nouvel enjeu RSE incontournable

Enfin, l’intelligence artificielle s’impose comme un nouveau sujet majeur de la RSE en 2026. Son déploiement rapide dans les entreprises soulève des enjeux multiples.

Sur le plan environnemental, l’IA interroge la consommation énergétique des infrastructures numériques et l’empreinte carbone des data centers.
Sur le plan social, elle pose la question de l’évolution des métiers, de l’automatisation et de la montée en compétences.
Sur le plan éthique, elle soulève des enjeux de biais algorithmiques, de transparence et de protection des données.

L’entrée en application progressive du règlement européen sur l’IA (AI Act) renforce ces attentes. L’IA responsable devient un prolongement naturel des démarches RSE, appelant les responsables RSE à travailler en lien étroit avec les directions IT, RH et juridiques.
👉 IA : l'utiliser tout en limitant les impacts environnementaux

 

L’année 2026 confirme la RSE comme un pilier structurant de la stratégie d’entreprise. La CSRD, même simplifiée par le paquet Omnibus, impose un nouveau niveau d’exigence en matière de transparence et de pilotage. Dans le même temps, les enjeux climatiques, sociaux, de gouvernance et d’IA redessinent les priorités. Pour les responsables RSE et dirigeants, l’enjeu n’est plus seulement de répondre aux obligations, mais de bâtir une démarche cohérente, crédible et alignée avec la réalité de leur modèle économique.