La performance d'une entreprise ne se mesure plus uniquement à son bilan comptable, mais aussi à sa capacité à attirer et retenir les talents. Face à la pénurie de compétences et aux phénomènes tels que le “bore-out” ou le “conscious quitting”, la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est un atout majeur pour recruter, fidéliser et nourrir une culture d'entreprise forte.

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Si le salaire demeure un facteur important dans une démarche de recherche d'emploi et dans la vie d'un salarié, il ne suffit plus à garantir l'engagement sur le long terme. Les nouvelles générations d'actifs notamment (mais pas seulement) sont en quête de sens dans leur travail et valorisent le fait d'appartenir à une entreprise engagée, qui se positionne sur des sujets de société et avec des actions concrètes pour l'environnement. Cette dernière décennie, on a ainsi vu émerger de nouveaux comportements professionnels, tels que le "Conscious Quitting" (ou démission par conscience), où le salarié quitte son poste si les valeurs de l'employeur ne sont plus en phase avec les enjeux climatiques et sociaux.
Pour les responsables RSE et les DRH, l’enjeu est aujourd'hui double : transformer l’organisation pour la rendre plus durable, et faire de cette transformation un argument de poids pour le recrutement.
L’évolution des attentes : le sens au cœur du contrat de travail
La fin du primat exclusif du salaire
Si la rémunération reste le premier levier de motivation, elle n’est plus le premier levier de différenciation. D'après un sondage 2023 de Harris Interarctive pour le collectif Pour un réveil écologique, 70 % des jeunes de 18 à 30 ans — toutes catégories sociales confondues — seraient prêts à renoncer à une offre d’emploi si l’employeur ne prend pas en compte les enjeux environnementaux.
Le phénomène du "Conscious Quitting"
Le baromètre de la santé mentale des salariés 2024, publié par la plateforme Teale, a mis en lumière une statistique alarmante pour les recruteurs : 4 salariés sur 10 ne se reconnaissent plus dans les valeurs de leur employeur (contre 3 sur 10 en 2023). Un désalignement qui est - pour 60% d'entre eux - la raison principale de leur départ de l'entreprise. Quant aux salariés alignés avec les valeurs de leur entreprise, ils sont 72% à déclarer vouloir y rester. Au delà de la tendance de société largement commentée, rappelons que le coût du remplacement d'un collaborateur est estimé entre 6 et 18 mois de salaire selon le poste.
La transparence : l'exigence de la nouvelle génération
En 2026, le greenwashing est immédiatement sanctionné sur les réseaux sociaux professionnels. Les futurs talents scrutent désormais le rapport RSE, le score d'égalité professionnelle et les engagements concrets en faveur de la biodiversité avant même d'envoyer leur CV. S'ils doivent faire un choix entre 2 opportunités d'emploi, ces nouveaux actifs vont valoriser une mention “Entreprise à mission” ou un label BCorp, parfois plus que les tickets resto ou le nombre de jours de congés.
Fidéliser par l’impact : réduire le turnover grâce à la RSE
L’engagement comme moteur de rétention
Une démarche RSE bien structurée ne sert pas qu’à attirer les talents, elle est aussi un moyen de les garder ! Selon une étude 2025 de Gallup, les entreprises affichant un haut niveau d'engagement de leurs salariés (souvent lié à une mission d'entreprise claire) constatent jusqu'à 43 % de réduction du turnover.
La fierté d'appartenance : un levier de productivité
Le sentiment de contribuer à une cause qui dépasse le simple profit augmente la productivité. Un salarié qui se sent utile à la société est plus investi. Ce levier est particulièrement efficace via le mécénat de compétences, permettant aux collaborateurs de dédier une partie de leur temps de travail à des associations, une pratique en forte croissance dans les ETI françaises.

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Transformer l’engagement en réalité opérationnelle : vos leviers concrets
Pour passer d'une intention à un levier d'attractivité réel, les dirigeants d'entreprise et responsables RSE doivent rendre les valeurs de l'entreprise concrètes et impulser des changements, pas juste les afficher.
Réinventer l'organisation du travail et l'équilibre de vie
La dimension sociale de la RSE trouve son expression la plus directe dans la flexibilité accordée aux salariés. En 2026, le travail hybride n'est plus une exception mais un prérequis pour de nombreux candidats sur le marché du travail. Les entreprises les plus attractives vont plus loin en explorant d'autres modèles : mise en place de la semaine de quatre jours ou journées de travail modulables. L'objectif est de répondre aux attentes de confort individuel, mais aussi de réduire l'empreinte carbone liée aux déplacements.
Autre exemple : une politique de soutien à la parentalité — incluant par exemple le maintien du salaire pendant le congé second parent ou des aides à la garde d'enfants — ancre l'entreprise dans une posture de "Care" qui rassure les jeunes actifs soucieux de leur équilibre de vie.
Vers une gouvernance inclusive et participative
L'un des leviers les plus puissants pour lutter contre le "Conscious Quitting" consiste à offrir au collaborateur du “pouvoit d'agir” sur la stratégie de son entreprise. Au lieu d'une RSE descendante, imposée par la direction, les structures performantes privilégient une gouvernance partagée. Cela peut se traduire par l'intégration de salariés volontaires au sein de comités de mission, de comité RSE ou de groupes de réflexion sur la décarbonation. L'entreprise offre à ses talents la possibilité de porter des projets internes à impact, comme par exemple l'optimisation des flux logistiques ou la refonte de l'éco-conception des produits. Cette autonomie transforme le salarié en acteur de la transition, renforçant mécaniquement son sentiment d'utilité et sa fidélité à l'organisation.
La preuve par la certification et l'audit externe
Dans un contexte de méfiance généralisée vis-à-vis des discours institutionnels, la labellisation devient un gage de sérieux indispensable. S'engager dans des certifications exigeantes comme B Corp ou Lucie 26000, ou réaliser un Bilan Carbone® complet, permet de crédibiliser la démarche auprès des candidats les plus informés. Faire appel à un cabinet tiers pour auditer ses pratiques sociales et environnementales prouve que l'entreprise accepte la transparence et l'amélioration continue. C’est cette rigueur méthodologique, souvent pilotée par des experts agréés, qui permet de transformer un simple rapport annuel en un véritable argumentaire de recrutement capable de convaincre les profils les plus exigeants de la Génération Z.
La Responsabilité Sociétale des Entreprises n’est plus une fonction support ou un simple outil de communication. En 2026, elle s'est imposée comme le moteur central de la stratégie des ressources humaines. En replaçant les enjeux planétaires et humains au cœur de son modèle, l'entreprise ne se contente pas de répondre à une exigence éthique : elle se donne les moyens de sa propre pérennité en devenant un pôle d'attraction pour les compétences de demain.
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