En cet automne 2026, la baisse progressive des températures marque le retour du chauffage dans les bâtiments professionnels. Pour les directions RSE et les Services Généraux, cette période de chauffe représente un enjeu financier et environnemental majeur. Comment piloter ce rallumage avec sobriété tout en garantissant le confort thermique et l'adhésion des collaborateurs ? Éléments de réponse et plan d'action.

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Chaque année, l'activation des systèmes de chauffage ravive les débats autour de la température idéale au bureau. Entre les exigences légales fixées par le Code de l'énergie (qui limite la température moyenne des locaux occupés à 19 °C) et le ressenti individuel des salariés travaillant en position assise prolongée, l'équation peut sembler complexe.
Pourtant, dans un contexte où la transition écologique est devenue nécessaire et urgente et où la maîtrise des coûts est en tête des préoccupations dans les entreprises, la gestion du chauffage constitue un levier d'action majeur. Transformer la contrainte réglementaire en une démarche collective nécessite une approche à deux niveaux : l'optimisation des installations, d'une part, et l'accompagnement et la sensibilisation des équipes, d'autre part.
Voyons comment allier ces deux dimensions…
Pourquoi le chauffage est la priorité énergétique des entreprises
Pour piloter efficacement la trajectoire carbone d'un site tertiaire, il est essentiel de hiérarchiser les usages énergétiques.
Le poids lourd de la facture énergétique tertiaire
Selon les données de diagnostic du secteur tertiaire publiées par l'ADEME, le chauffage n'est pas un poste de dépense secondaire : il représente en moyenne 50 % des consommations d'énergie d'un bâtiment tertiaire. En comparaison, l'éclairage ne pèse que pour 10 à 12 %, et le parc informatique ou la bureautique pour 7 à 10 %. Produire de la chaleur pour maintenir des volumes importants à température constante exige une quantité de kilowattheures nettement supérieure à celle nécessaire pour alimenter des équipements électroniques.
La règle du "1 °C en moins = 7 % d'économie"
La modélisation thermique des bâtiments démontre que réduire la température de consigne de seulement 1°C (en passant par exemple de 20 °C à 19 °C) permet d'économiser en moyenne 7 % sur la consommation globale de chauffage. À l'échelle d'un site tertiaire de 2 000 m2, cet ajustement représente plusieurs dizaines de mégawattheures (MWh) préservés chaque saison et une réduction directe des émissions de CO2, tout particulièrement pour les installations chauffées au gaz ou au fioul.
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Plan d’action pour les services généraux et la direction RSE
Une politique de sobriété thermique ne peut pas reposer uniquement sur les comportements individuels. Il est nécessaire d'envisager en parallèle des changements structurels (rénovation, isolation, GTB,…) et d'impliquer les équipes techniques.
Les investissements et réglages techniques indispensables
Quatre actions prioritaires permettent d'optimiser le rendement des installations :
- La régulation programmée : Paramétrer les automates pour abaisser la température à 16 °C la nuit et à 12 °C lors des fermetures du week-end ou des congés.
- Le calorifugeage des réseaux : Isoler thermiquement l'ensemble des tuyaux de distribution d'eau chaude passant par des locaux non chauffés ou des sous-sols.
- Le désembouage et le rééquilibrage : Purger et nettoyer les circuits pour garantir une diffusion homogène de la chaleur dans l'ensemble des étages et éviter les zones froides.
- L'installation de robinets thermostatiques : Remplacer les vannes manuelles par des têtes thermostatiques programmables ou connectées pour ajuster l'apport pièce par pièce.
La traque aux déperditions thermiques du bâtiment
L'isolation passive du bâtiment conditionne l'efficacité du système de chauffe. La mise en place de consignes automatisées ou manuelles pour fermer les stores et volets dès la tombée du jour permet de limiter l'effet de "paroi froide" des vitrages et de conserver les calories accumulées dans la journée.
Conduite du changement : accompagner les salariés vers le confort à 19 °C
L'adhésion des salariés est la clé de voûte de la sobriété énergétique. L'objectif de la direction RSE est d'expliquer les règles tout en fournissant des solutions concrètes pour maintenir un bon niveau de confort.
Les éco-gestes essentiels au bureau pour préserver la chaleur
- S'isoler des zones froides : Veiller à la fermeture des portes séparant les espaces chauffés (open spaces, bureaux) des zones de passage (couloirs, escaliers), non-chauffées ou avec des courants d'air froid fréquents.
- Dégager les espaces de chauffe : Ne placer aucun meuble, carton ou vêtement devant les radiateurs afin de ne pas bloquer la convection naturelle de l'air chaud.
- Aérer au bon moment : Privilégier une ouverture en grand des fenêtres pendant 5 minutes matin et après-midi pour renouveler l'air sans refroidir la masse des murs, plutôt que de laisser une ouverture en soufflet toute la journée.
- Encourager l'effet “oignon” : Inviter les salariés à s'habiller en superposant des vêtements légers (la technique des "3 couches") et à consommer de boissons chaudes pour réguler la température corporelle en position immobile.

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Télétravail et sobriété : former aux bons réflexes à la maison
Lors des journées de travail à domicile, les salariés font face aux mêmes arbitrages. Il convient de leur diffuser les bonnes pratiques :
- chauffer prioritairement la pièce dédiée au travail,
- maintenir les pièces inoccupées à 16 °C ou 17 °C,
- utiliser des solutions d'appoint passives (plaid, bouillotte) pour préserver leur budget énergétique personnel.
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Le cas des chauffages d'appoint
L'apparition de radiateurs soufflants ou de chauffrettes individuelles sous les bureaux ne doit pas être pris à la légère par les services généraux, pour plusieurs raisons :
1. Un impact électrique massif : Un chauffage d'appoint de 1 500 W à 2 000 W consomme en quelques heures autant d'électricité que l'ensemble du matériel informatique d'un plateau de bureau sur une journée complète.
2. Une perturbation des systèmes globaux : En créant un point chaud localisé, ces appareils faussent les sondes de régulation centralisées du bâtiment, ce qui peut provoquer la coupure du chauffage central sur le reste de la zone.
3. Risques sanitaires et de sécurité : Ils génèrent des risques de surchauffe électrique, de départ d'incendie et assèchent fortement l'air ambiant.
Comment agir et en parler avec les salariés concernés ? Le mieux est de proscrire l'usage des chauffages individuels en développant les raisons citées ci-dessus, mais d'ouvrir le dialogue avec les salariés sur le confort thermique et de réfléchir avec eux aux solutions possibles.
Vous pouvez également lancer un diagnostic thermique de la zone concernée pour corriger les déséquilibres, s'il fait vraiment plus froid qu'ailleurs.
La gestion du chauffage en entreprise est une illustration concrète de la transition écologique appliquée au quotidien. En associant des installations performantes et une communication constructive et transparente avec les équipes, les entreprises peuvent réduire significativement leurs émissions de gaz à effet de serre et leurs factures énergétiques, sans compromettre le bien-être au travail.
